Le diabète et l’activité physique

Le diabète et l’activité physique

Il est clairement démontré que l’exercice améliore les anomalies du syndrome métabolique.

On constate une augmentation de la sensibilité à l’insuline, une diminution de la masse grasse, une modification du profil lipidique et une augmentation de la fibrinolyse. Ces modifications physiologiques bénéfiques montrent incontestablement que l’activité physique doit faire partie de la prise en charge du diabète.

La première étape, c’est l’évaluation médicale.

Le diabétique est un patient cardiovasculaire, avec un risque de coronaropathie, d’artérite des membres inférieurs et d’accident vasculaire cérébral.

L’épreuve d’effort est conseillée chez les sujets de plus de 40 ans, et chez ceux qui présentent plus de 2 facteurs de risque

Chaque complication du diabète (rétine, pied, rein…) doit ensuite être passée en revue afin d’évaluer l’incompatibilité éventuelle de certains sports. Les sports qui élèvent la pression artérielle devront être abordés avec prudence.

Chez les sujets âgés on fera un bilan articulaire et musculaire.

Les règles :

Les règles générales édictées par le Club des cardiologues du sport devront bien sûr être respectées.

Faire un examen des pieds avant et après le sport, et assurer un bon chaussage.

Prévenir l’hypoglycémie mais aussi l’hyperglycémie :

  • Procéder à une glycémie capillaire avant l’exercice physique :
    • si le résultat est inférieur à 100 mg/dL, il faut conseiller une collation.
    • s’il est supérieur à 250 mg/dL, il faut contrôler les urines et renoncer à l’activité physique en présence de corps cétoniques.

Contrôler le dextro après l’exercice physique. En cas d’effort très prolongé, on peut demander à son patient de réaliser une glycémie toutes les heures ou toutes les 30 minutes.

À conseiller à son patient :

  • ne pas faire d’exercice physique seul 
  • connaître les signes d’hypoglycémie et en informer son entourage
  • ne pas faire d’exercice physique en fin d’après-midi (risque d’hyperglycémie nocturne)

Et l’insuline ?

Difficile de donner des recommandations car l’adaptation dépend de nombreux paramètres : du patient, de l’exercice physique, de l’insuline et de la glycémie avant exercice.

En revanche, il faut souvent : primo, baisser la dose d’insuline et diminuer (voire arrêter) les sulfamides avant l’exercice et, secundo, augmenter la ration des glucides.

La reprise doit être progressive.

Une fois le patient évalué et les règles de bonnes pratiques précisées et bien comprises (s’en assurer), il faut recommander un entraînement très progressif. Ce programme doit être prescrit.

L’idée est de partir sur un programme de 3 semaines, à raison de 3 exercices par semaine comprenant chacun 3 phases : l’échauffement, l’activité physique et la récupération.

On peut commencer par une marche de 30 minutes.

L’idéal est d’arriver progressivement à une marche de 45 mn chaque jour (au moins 5 fois par semaine), ce qui est infiniment mieux qu’une longue marche le dimanche.

Cette étape est importante car elle permet au patient de mieux se connaître, d’appréhender ses réactions vis-à-vis de l’exercice physique et au médecin de mieux comprendre l’adaptation insulinique de son patient grâce à la tenue d’un carnet d’entraînement.

Quels sont les sports ou activités physiques recommandés :

  • les sports aérobies sont les plus indiqués : marche, vélo, natation, golf… Néanmoins le renforcement  musculaire doux permet lui aussi d’excellents résultats.

Quels sont les sports autorisés mais nécessitant des précautions particulières :

  • sport d’endurance : nécessite un bon programme d’entraînement de base
  • sport d’eau : toujours délicat à cause du monitoring
  • sport d’équipe ou de raquette : possible mais les différentes intensités potentielles et le phénomène d’entraînement dû à l’équipe nécessitent une surveillance plus pointue.

Quels sont les sports déconseillés :

  • sports à haute intensité et stressant : parachutisme, compétition (risque d’hyperglycémie)
  • sports où le monitoring est difficile (alpinisme, plongée sous-marine)
  • sports qui peuvent être fatals en cas d’hypoglycémie (risque de noyade, accident à motocyclette)
  • sports dangereux pour le diabétique : boxe (risque pour l’œil), musculation intensive (hypertension)
  • environnement problématique : environnement chaud, haute montagne (où l’insuline peut geler)

Toutefois, même pour les sports déconseillés, la contre-indication n’est pas formelle. La tendance est à l’ouverture et, sous réserve de précautions bien définies, comprises et acceptées, le patient diabétique peut pratiquer presque tous les sports, sous réserve de l’accord du diabétologue. Pour exemple, le Dr Saïd Bekka, diabétologue à Chartres et grand sportif lui-même,  a emmené un de ses patients au Marathon des Sables et d’autres en VTT sur la Grande Muraille de Chine.