Le stress, il faut agir !

Le stress, il faut agir !

Un choc émotionnel majeur et le cœur bat la chamade, la gorge se serre, la sueur coule, la tête se brouille… c’est l’état d’alerte, l’inondation d’adrénaline dans le corps !

L’adrénaline c’est “ l’hormone guerrière ”, c’est elle qui déclenche l’énergie disponible pour donner la force musculaire de combattre ou de fuir une situation jugée menaçante.

Les effets de l’adrénaline sont instantanés et perceptibles. Poumons, gorge et narines s’ouvrent pour laisser entrer plus d’air. Les sens s’aiguisent. Les pupilles se dilatent. Devant un danger imminent, le corps se prépare à réagir physiquement, à attaquer au besoin.

Mais l’adrénaline n’agit pas seule. Quelques minutes après que sa production ait été déclenchée, une autre hormone cruciale vient à sa rescousse : le cortisol. Cette hormone transforme les gras en sucre pour appuyer l’action de l’adrénaline.

Les deux hormones travaillent de concert tout au long de la réaction au stress.

Si les effets de l’adrénaline sont parfaitement ressentis, les effets physiologiques du cortisol sont considérables, mais restent imperceptibles. Le cortisol c’est “ l’hormone espionne ”. 

C’est le cortisol qui prend les commandes pour que l’organisme réagisse au danger. Le mot d’ordre : mobiliser toute l’énergie contenue dans les sucres pour l’expédier à certains endroits précis : dans les muscles par exemple.

Pour une efficacité maximale, certains organes, comme ceux liés à la digestion, cessent de fonctionner. Même le système immunitaire est mis en veilleuse pour faciliter l’action du cortisol.

Dans la vie de tous les jours, en dehors des périodes de stress, le cortisol a aussi un rôle important. Il maintient l’équilibre énergétique du corps. Le cycle de sécrétion du cortisol atteint un pic le matin pour diminuer lentement au cours de la journée. Le fameux coup de barre de l’après-midi, c’est lui. Une charge correcte de cortisol, celle qui nous réveille en pleine forme, nous permet de faire notre journée sans fatigue.

Lorsque tout danger est écarté, la respiration se fait mieux,  la mobilisation massive des hormones qui maintiennent l’état de « qui-vive » n’est plus nécessaire. L’annonce de la fin de l’état d’alerte est lancée et le cortisol, entre autres actions, envoie un puissant message de faim au cerveau, question de compenser la perte d’énergie que le corps vient de subir.

Les fringales ou l’envie d’aliments réconforts après une journée particulièrement éprouvante, y trouve leur explication physiologique. Ainsi sous stress aigü, nous n’avons pas faim et si ça dure nous perdons du poids. Ensuite, il va falloir compenser et nous allons grossir !

L’action des hormones du stress est une arme à double tranchant. Elles sont des alliées tant qu’elles permettent d’agir et de se défendre contre toute évaluation de danger imminent. Une foule de situations banales peuvent ainsi déclencher leur production : un retard, une restructuration du travail, un changement de vie, un accident, des incidents imprévisibles, ou nouveaux, ou menaçants. Qu’ils soient tragiques ou banals, ils ont un point commun : ils donnent le sentiment de perdre la maîtrise de la situation.

Attention : notre système de survie ne fait pas la différence entre un tremblement de terre et un bouchon de circulation et c’est là que l’évaluation claire de ce qui se passe dans nos pensées devient important, car si le cerveau reçoit le message qu’une situation est une menace, il réagit comme s’il s’agissait d’une question de vie ou de mort. Notre cerveau ne fait pas de différence entre le réel (ce qui est) et le virtuel (ce que nous imaginons) ; il y a toujours une part d’imaginaire dans nos pensées. C’est pourquoi il est important de les évaluer et de les contrôler (auto-contrôle mental).

Le fait de vivre des tensions de façon répétitive ou permanente a des conséquences délétères pour l’organisme tout entier. Si l’adrénaline et le cortisol sont sécrétés, en permanence, en grande quantitéle rythme cardiaque reste élevé, de même que la pression artérielle et le taux de sucre sanguin.

Durant une réponse physiologique au stress, les cellules du corps deviennent insensibles à l’effet de l’insuline, dont le rôle est de diminuer le taux de sucre sanguin. Le corps garde toute son énergie – donc le sucre – afin de se défendre. Cela explique le lien entre l’exposition chronique au stress et le développement du diabète de type 2, caractérisé par une résistance à l’insuline

Par ailleurs, quand l’organisme est contraint de produire adrénaline et cortisol jour après jour, il faut que le corps renouvelle constamment ses réserves d’énergie. Alors, il l’emmagasine sous forme de tissus adipeux, autour de la taille. Cette solution permet un accès facile à la réserve, car le cortisol est sécrété par les glandes cortico-surrénales qui sont situées au-dessus des reins. En cas  besoin, il puisera donc dans ces graisses pour les transformer en sucre. C’est ce qui explique, en partie, que les stressés permanents se retrouvent avec… une bedaine de stress. Ceci ajouté au reste…

Bien entendu, s’ils sont sur-utilisés, nos mécanismes de défense risquent de se dérégler.

C’est ainsi qu’un déséquilibre dans la sécrétion des hormones du stress précède des maladies dites de civilisation, comme le diabète, l’obésité, les maladies cardiovasculaires et même la dépression, voire des maladies liées aux perturbations du système immunitaire.

Nos particularités génétiques et les facteurs environnementaux vont faire en sorte que ces maladies vont se développer ou non.

On sait aujourd’hui qu’une concentration excessive de cortisol affecte aussi le cerveau et qu’à long terme, elle peut être toxique pour les neurones.

Par exemple, trop, ou pas assez, de cortisol provoque des troubles de la mémoire chez les personnes âgées et des difficultés d’apprentissage chez les jeunes adultes.

S’il est constamment sollicité, le mécanisme de protection risque de s’épuiser et le cortisol peut venir à manquer. Un trop faible taux de cortisol dans l’organisme conduit progressivement à l’anxiété, à l’épuisement ainsi qu’à un affaiblissement du système immunitaire et à l’explosion de phénomènes inflammatoires.

Il faut penser à se prémunir des ravages du cortisol alors qu’on ne sent même pas sa présence. Pour cela, il faut se repérer sur les effets tangibles de l’adrénaline – les battements du coeur s’accélèrent, on sent ses joues devenir chaudes, on a des papillons dans l’estomac, la liste est loin d’être exhaustive… –, qui va toujours s’associer avec le cortisol dans les périodes de stress. L’effet adrénaline, même discret, est une sonnette d’alarme, le signal que le mécanisme de défense de l’organisme s’est déclenché. Il faut alors relativiser la situation : Y a-t-il un danger réel ? Si oui, il faut passer à l’action et souvent compléter par des exercices physiques vigoureux qui vont compenser l’impossibilité, pour beaucoup d’entre nous, de s’engager physiquement d’une manière suffisante.

S’il s’agit d’un stress banal – ce qui nous assaille tous les jours dans la vie quotidienne -, mieux vaut utiliser ce flot d’énergie pour stopper le processus. Les méthodes de relaxation physique basée sur le contrôle respiratoire et la détente des zones musculaires inutilement tendues sont nombreuses et efficaces. On y associera des exercices de contrôle de la pensée.

L’activité physique régulière de type endurance (3 fois par semaine), la pratique de la gymnastique (étiremement/assouplissements, yoga, taï-chi), se complètent et s’avèrent très efficaces.

Il faut éviter de vivre sa journée « sous pilote automatique » et s’habituer à être conscient de notre façon de réagir et d’agir dans la vie de tous les jours (évaluation qualitative et contrôle de nos pensées, de notre état de tension et de nos comportements).

Et, si vous en êtes à vous dire que les périodes de stress font partie de votre quotidien, alors il est probablement temps de changer sérieusement votre façon de vivre.